La Finance Psychédélique

Repeindre les banques en rose-violet

Le bon banquier est sain d’esprit. Il sait que l’équilibre doit être maintenu dans les comptes mais aussi dans les têtes.

Tous ceux qui ont travaillé dans un bureau d’études, créé des programmes informatiques ou joué à un jeu ardu et stratégique jusqu’à des heures avancées, ont pu observer qu’après une longue période de concentration, des individus plutôt réservés, concentrés, posés, pouvaient parfois s’enflammer de manière incongrue, que les limites de la décence verbale tombaient sans transition et qu’une sorte de régression infantile faisait fleurir de joyeux délires dans un environnement habituellement studieux ou monacal.

Ce phénomène est bien décrit par les psychologues, comme « la revanche du cerveau droit ». En effet le cerveau gauche, logique, rigoureux, discipliné, mobilise toute l’attention pour les travaux de type mathématique, numérique, contrôle etc. Pendant ce temps, le cerveau poétique, créatif, celui qui traite les symboles, les images, le cerveau psychédélique en somme, s’ennuie ferme. Et dès que la concentration diminue un tant soit peu, quand la fatigue et l’anticipation du week-end commencent à desserrer les mâchoires de la volonté, le cerveau droit provoque facilement une ambiance de cour de récréation, ou de café du commerce. On commence par penser tout haut, puis on se raconte des histoires grivoises, on vire parfois dans les fantasmes et on rit bêtement, un groupe peut à ce moment tomber dans une grande créativité…

Le risque est grand cependant qu’il n’y ait pas d’exutoire à cette folie douce (rigidité massive de l’institution, solitude ou schizophrénie du trader, discipline de fer).

Alors sous peine d’entrer en conflit avec lui-même, l’analyste, le comptable, le gestionnaire, laisse son cerveau droit excédé prendre les commandes malgré tout, introduisant [ Purple haze ] des [ fucking ] délires [2+2=5], des calculs psychopathes : Number Jekyll et Number Hyde !

Peut-on évaluer le nombre de décisions délirantes, irréalistes ou simplement imprudentes, prises dans ces états seconds ?

Expansion/Récession, Liberté/Rigueur, Psychédélique/Numérique, tout marche par phases, comme le jour et la nuit, cerveau droit et cerveau gauche imposant leur alternance et ce dans tous les domaines de l’activité humaine.

Après une phase numérique où l’obsession des comptes justes a atteint des sommets d’iniquité (je vous laisse trouver vos exemples) on aurait par réaction, ras-le-bol, explosion, une phase psychédélique, où se libéreraient toutes les forces « opprimées ».

De fait les affirmations précédentes étant devenues caduques, on voit les plus honnêtes s’excuser platement (Greenspan) et les plus politiques affirmer avec force le contraire de ce qu’ils disaient encore il y a moins d’un an (Tous les autres) : la finance est maintenant psychédélique, la mode s’est inversée, le déficit et l’endettement honnis sont maintenant de rigueur !

Or la phase psychédélique n’est pas que belle et gentille. Par son effet de correction, elle s’exprime en sens inverse de l’oppression mais avec la même force. Le bâton de retour a beau être « rose gode » plutôt que « noir matraque », les carottes psychédéliques elles, qui s’enfoncent entre des hémisphères plus cérébraux, n’en sont pas moins ravageuses. Les années 60-70 contiennent à la fois avancées sociales, libérations sexuelles ou conquêtes spatiales mais aussi de nombreuses violences.

Pour limiter les à-coups destructeurs, je propose donc d’introduire des doses massives d’Art psychédélique dans les banques, assurances et autres administrations sérieuses. Le banquier tendu, posant ses yeux sur la fenêtre du tableau, n’y trouvera-t-il pas un monde différent, une prise de terre psychique pour évacuer ses pulsions, décidément trop créatives dans le cadre de la sécurité financière ?

Lors de ma propre phase numérique (en 2001 j’ai travaillé comme comptable OPCVM), j’avais envisagé une exposition qui s’appellerait « Tableaux de chiffres peints à l’huile », c’est peut-être d’actualité. En tout cas ma production explose actuellement et je vais bientôt devoir fermer l’usine, comme chez Renault ou Peugeot, les garages sont pleins. Je suis donc prêt à remplir les bureaux. Je pense qu’il y a beaucoup d’artistes à composantes psychédéliques, mais je crois que la demande est énorme. La Bourse et l’Immobilier sont en déroute, investir dans l’Art en attendant la reprise pourrait être une bonne idée !

(Article écrit en 2006, republié pour reprendre un peu la main et pour son actualité persistante)

Sagittaire avant de s’en servir : Articles anciens, obsessions et inspirations persistantes.

Les coins de Tindalos (avril 2007)

« Les chiens de Tindalos », ces créatures d’une autre dimension qui ne peuvent pénétrer dans la notre que par les angles, générant chez leurs victimes potentielles l’obsession d’arrondir tous les recoins, ne pouvaient sortir que d’esprits malades (H.P.Lovecraft et F.B. Long, enfin des auteurs de science-fiction quoi…). Mais esprit malade égale souvent esprit sensible, ce qui, joint à un intellect puissant, permet parfois de redoutables visions.

Rien d’aussi pathétique ne m’arrive de Neptune, mais le principe est bon :

Emergeant, accumulant des souvenirs, se débattant avec leurs expériences passées et futures, les humains, par leurs activités mentales et astrales non coordonnées, créent des déchirures dans le continuum spirituel. Ces points de passage, blessures d’un univers rond, je les appellerai « coins de Tindalos ». La gravité de ces blessures dépend de leur fixité dans l’espace, de leur durée dans le temps, de leur force, de leur répétition. Ce sont des lieux d’échange entre les dimensions, lieux d’inspiration et d’expiration, où l’on reçoit et où l’on donne même sans le vouloir, ni sans choisir ce qui est donné ou ce qui est pris.

Le signe des Poissons symbolise parfaitement cette fuite bidirectionnelle que l’homme se représente plus facilement dans l’eau. Pour nous le plus souvent, la fuite est matérielle, nous perdons un peu de structure en échange de pure information (dans les meilleurs cas).

D’innombrables symboles peuvent représenter les coins ou les angels (pas fait exprès pour les angles) qui rencontrent un univers rond.

Mais le plus frappant est celui de la crucifixion,  qu’on retrouve dans la couronne d’épines elle-même, dans la lance et le Graal et finalement dans la Rose.

Le principe divin, solaire, qui est rond, cloué sur la croix, elle-même faite d’angles. La force et le retentissement de cette déchirure font-ils de Jérusalem une blessure inguérissable ? Ou bien la lance du destin nous ouvre-t-elle le chemin de la résurrection ?

Voilà vers quoi je vais peindre. Graphiquement, je cherchais à me rapprocher du spectateur et de moi-même, en partant d’un point, d’un coin, d’un élément d’apparence plus physique, voire même d’une référence, de la citation d’une œuvre connue qui me rattacherait à l’histoire de la peinture.

Les thèmes et les obsessions se chevauchent, se contredisent tout en se succédant et comme Zeus a tout organisé, les femmes et les flèches vont se rencontrer dans mes prochains tableaux, Sainte Sébastienne va en baver, à moins que l’abstraction ne dilue ses abatis dans l’astral.

Mais ce qui compte ce sont les angles (de la carte) et Perceval qui se relie à Jésus par le Graal et qui contient aussi dans son nom l’idée d’une lance traversant une zone arrondie, devient sur le champ mon Saint patron. Enfin pour l’instant je vous laisse, il faut que je rachète de l’enduit.

 

 

 

Journal d’un Futur Humain

Hello Everybody, changement de cheval et reprise !

Christian Gorget est toujours un peintre Hypo-réaliste*

Mais les hiboux ne sont pas ce qu’on croit…

À travers l’IPEK*** (Institut Psychédélique Et Karmique), il se propose de naviguer sur le chaos des 48 prochaines années (Nouvelle Ère Psychédélique), période pendant laquelle l’humanité rencontrera ses plus grands défis.

L’un de ces défis sera la rencontre de l’Humanité traditionnelle et de la Singularité Technologique. Cette émergence de véritables Intelligences Artificielles a été traitée depuis longtemps par la SF et par le cinéma : Dune, Hypérion, Terminator, Matrix etc. mais elle se rapproche !****

Allusion à l'approche de la Singularité - 116x81 - 2012

L’Art Psychédélique jouera avec et contre la Singularité Technologique, un jeu décisif pour la place de l’humain dans un système planétaire qui se robotise à marche forcée.

Dans la boite à outils psychédéliques de CG on trouve :

-          La peinture à l’huile, technique intemporelle favorisant l’accès à un espace médian, entre cerveau gauche et cerveau droit, entre rationalité et intuition.

-          Les Wargames

-          Les Jeux de Rôles

-          Les Groupes de Combat Nano-Psychédéliques

-          L’Astrologie

*Le manifeste hypo-réaliste de 1987,  était assez péremptoire** (« La réalité n’existe pas ! ») mais il montrait clairement une introversion et un rejet de l’intentionnalité.

**Parallèle au sol. Perceval est le Saint Patron des Hypo-Réalistes.

***L’ IPEK aura été fondé. Fédération de projets humains compatibles, l’IPEK, basé à Sarkenia sur Ophiucus Alpha III,  travaille sur la libération et la régénération des potentiels psychiques.

****The Singularity is near – Ray Kurzweil